XXXe CONFÉRENCE INTERNATIONALE
DE LA CROIX-ROUGE ET DU CROISSANT-ROUGE
Genève, Suisse,
26-30 novembre 2007
RÉSOLUTION 1
ENSEMBLE POUR L’HUMANITÉ
XXXe CONFÉRENCE INTERNATIONALE
DE LA CROIX-ROUGE ET DU CROISSANT-ROUGE
Genève, Suisse,
26-30 novembre 2007
DÉCLARATION
ENSEMBLE POUR L’HUMANITÉ
Nous sommes vivement préoccupés de constater que des gens dans le monde entier, et surtout les plus démunis parmi les démunis, rencontrent des difficultés accrues du fait de l’augmentation des catastrophes et de la rareté des ressources que provoquent de multiples facteurs tels que la dégradation de l’environnement et le changement climatique, ce qui contribue à la pauvreté, à la migration, aux risques sanitaires et au risque aggravé de violence et de conflit.
Nous sommes résolus à travailler avec des partenaires afin de mieux faire connaître ces
graves préoccupations humanitaires, y compris leurs causes, et de fournir une assistance
humanitaire aux personnes les plus vulnérables, en particulier dans les pays en
développement qui sont touchés.
Nous tirerons profit de l’assise communautaire des Sociétés nationales pour atténuer la
vulnérabilité des communautés, là où les risques environnementaux et la dégradation de
l’environnement sont importants et où la capacité d’adaptation est faible.
Nous réaffirmons que la préparation aux catastrophes est essentielle pour la gestion de la
réaction, et nous nous emploierons à améliorer les capacités individuelle et collective à
réagir rapidement aux défis humanitaires provoqués par la dégradation de l’environnement
et le changement climatique.
Nous sommes résolus à faire en sorte que la dégradation de l’environnement et l’adaptation
aux changements climatiques soient intégrées, s’il y a lieu, dans les politiques et les plans de
réduction des risques de catastrophes, ainsi que dans les politiques et les plans de gestion
de catastrophes. Nous nous efforcerons de mobiliser les ressources humaines et financières
nécessaires pour les mettre en oeuvre, la priorité étant accordée aux actions en faveur des
plus vulnérables.
Nous reconnaissons l’engagement des États à l’égard de la Convention-cadre des Nations
Unies sur les changements climatiques comme le mécanisme essentiel qui permet d’agir sur
le changement climatique au niveau mondial, et nous affirmons que des aspects de l’action
du Mouvement soutiennent et complètent des éléments de la Convention-cadre.
Les préoccupations humanitaires causées par la migration internationale
Tout en reconnaissant les nombreux avantages que présente la migration internationale et
sa nature complexe et multiforme, nous avons conscience que la migration peut générer des
problèmes sur le plan humanitaire dans toutes les régions du monde. Nous sommes
particulièrement préoccupés par le fait que les migrants, quel que soit leur statut, vivent
parfois en marge des systèmes sanitaires, sociaux et juridiques conventionnels, et que, pour
diverses raisons, ils peuvent ne pas avoir accès aux moyens qui garantissent le respect de
leurs droits fondamentaux.
Nous réaffirmons l’importance d’examiner les voies et les moyens de renforcer la
coopération internationale à tous les niveaux pour répondre aux préoccupations
humanitaires causées par la migration internationale.
Nous reconnaissons qu'il appartient aux gouvernements, dans le cadre des législations
nationales et du droit international, et plus particulièrement du droit international relatif aux
droits de l’homme, du droit des réfugiés et du droit international humanitaire, de répondre
aux besoins humanitaires des personnes subissant des conséquences négatives de la
migration, notamment les familles et les communautés, et de prendre des mesures efficaces
à cet effet. Nous sommes vivement préoccupés par toutes les formes du trafic et de
l’exploitation d’êtres humains, en particulier lorsqu’il s’agit d’enfants et de femmes, et nous
reconnaissons qu’il incombe aux gouvernements d'empêcher ces pratiques, d’apporter
protection et assistance à toutes les victimes de ces pratiques et de faire respecter les
instruments nationaux et internationaux les interdisant. Nous reconnaissons aussi le rôle du
Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à cet égard.
Quand nous répondons aux besoins humanitaires des personnes subissant des
conséquences négatives de la migration, en particulier les migrants et les membres de leur
famille dans les pays d’origine, de transit et de destination, nous tenons compte, s’il y a lieu,
de l’expérience considérable de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, en ce qui concerne :
a) L’assistance humanitaire : fourniture de vivres, de vêtements et d’abris, soins de
santé, premiers soins, soutien psychosocial, etc. ;
b) La protection : rétablissement des liens familiaux, conseil juridique et administratif,
lutte contre l’exploitation et l’escroquerie, information sur les risques de la migration
irrégulière, visite de migrants en détention en vue de contribuer à améliorer,
si nécessaire, leurs conditions de détention et le traitement qui leur est réservé, etc. ;
c) La sensibilisation : introduction d’une perspective humanitaire dans les décisions de
politique générale, lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination,
promotion des normes internationales dans ce domaine ;
d) L’insertion et la réinsertion : services d’accueil, promotion de la participation sociale
et de la solidarité (en tant que volontaires Croix-Rouge/Croissant-Rouge
par exemple), etc.
e) La dignité humaine : promotion du respect de la dignité humaine.
Compte tenu des méfaits de l’afflux à grande échelle de migrants par suite de crises
humanitaires, les acteurs internationaux devraient examiner les besoins des communautés
des pays d’accueil.
Nous reconnaissons qu'il appartient aux Sociétés nationales, sur la base des principes
d’humanité et d’impartialité et en consultation avec les pouvoirs publics, de fournir une
assistance humanitaire aux migrants vulnérables, quel que soit leur statut juridique.
Violence, notamment en milieu urbain
Nous reconnaissons que la violence est, partout dans le monde, une cause principale de
mort, de blessure et de souffrance humaine qui pourraient être évitées. La violence en milieu
urbain représente un défi particulier, les problèmes étant souvent aggravés par
l’accroissement rapide de la population, la pauvreté et les inégalités économiques, le
chômage, l’exclusion sociale et la marginalisation, une sécurité et des services publics
insuffisants et la facilité avec laquelle il est possible de se procurer de la drogue et des
armes.
Nous reconnaissons que les États ont la responsabilité d’assurer la sécurité des victimes de
la violence, et ce, dans la mesure du possible, de leur garantir des soins et un soutien
appropriés, et d’adopter des politiques et des cadres juridiques pour la prévention et la
réduction de la violence. Il peut arriver que ces politiques et ces cadres doivent traiter des
cas de violence armée urbaine entre groupes organisés.
Nous sommes résolus à travailler ensemble pour mettre au point, à tous les niveaux, des
programmes complets de prévention et de réduction de la violence, afin de construire des
communautés plus sûres en appliquant des mesures pratiques qui prennent en compte les
objectifs du développement social et économique, et de faciliter la réinsertion des jeunes qui
ont des problèmes de violence pour diminuer leur aliénation et leur radicalisation et réduire
leur vulnérabilité aux drogues et à la criminalité. Nous redoublerons d’efforts pour obtenir,
au sein des communautés, le respect de la diversité et la prise de mesures contre le racisme,
la discrimination, la xénophobie, la marginalisation et d’autres formes d’exclusion, auxquels
tous les groupes vulnérables sont confrontés, en donnant également aux volontaires et aux
jeunes engagés dans des activités humanitaires la faculté et les moyens de prévenir,
désamorcer ou atténuer la violence, surtout en milieu urbain, et en tirant profit de
l’expérience considérable qu’ont acquise les Sociétés nationales.
Maladies émergentes et récurrentes, ainsi que d’autres défis de santé publique
Nous reconnaissons que le VIH, la grippe pandémique, la tuberculose, le paludisme et
d’autres maladies transmissibles, ainsi que d’autres menaces pour la santé publique,
représentent un danger pour les personnes et les communautés partout dans le monde,
surtout les femmes et les enfants. Nous constatons aussi les effets disproportionnés du VIH,
de la tuberculose et du paludisme sur les communautés de l’Afrique sub-saharienne.
En outre, la réduction des capacités des infrastructures de santé publique dans de nombreux
pays, ainsi que de leur capacité de faire face, combinée aux changements démographiques,
aux déficiences des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement, à
l’insécurité alimentaire et à la malnutrition, ainsi qu’à leurs conséquences en termes de
morbidité et de mortalité accrues, a accentué ces menaces, avec des répercussions
particulières sur les plus pauvres parmi les pauvres.
Nous insistons sur la nécessité de renforcer les systèmes de santé et d’élaborer des plans
nationaux de santé en y faisant participer les Sociétés nationales, et de donner aux
volontaires et aux groupes concernés la faculté et les moyens nécessaires afin de garantir
que la programmation et sa mise en oeuvre bénéficieront à toutes les populations touchées
et vulnérables, telles que les personnes vivant avec le VIH, les consommateurs de drogues,
les communautés exposées aux maladies émergentes et récurrentes, les victimes de
l’exploitation sexuelle, du trafic d’êtres humains et d’autres formes de violence, les détenus,
les anciens détenus et les enfants orphelins.
Nous reconnaissons la nécessité de donner aux personnes vulnérables un accès,
sans discrimination, aux activités de prévention et de promotion de la santé et aux soins
curatifs, ainsi qu’aux médicaments essentiels, aux vaccins et à d’autres produits pour soins
de santé. L’accès au sang non contaminé, par le biais des dons volontaires et non
rémunérés, est et restera un objectif primordial de santé publique.
Nous soulignons également l’importance de l’accès pour toute personne qui en a besoin aux
services médicaux, sur la base de normes nationales et internationales acceptées, quel que
soit le statut juridique de cette personne, ainsi que de la protection nécessaire dont ces
services doivent bénéficier.
Nous sommes résolus à inclure la santé publique en tant que partie intégrante d’une bonne
gestion des catastrophes (qui comprend la santé publique, l’approvisionnement en eau et
l’assainissement, le contrôle des épidémies et les urgences de santé publique).
Nous reconnaissons qu’une approche globale de la santé publique doit couvrir la tuberculose,
le VIH et les autres risques sanitaires en milieu carcéral, ce qui implique nécessairement le
suivi des anciens détenus.
Pour faire face à tous ces défis, nous devrons :